24 octobre 2009

Le nouveau site d'Albertine


Mon amie Albertine Maurice vient de mettre un coup de jeune à son site. Toujours fâchée contre les psys, les sexologues, les thérapeutes et les conseillers conjugaux, elle nous invite à mettre du pétillant dans notre vie amoureuse afin de nous déstresser : "ayez confiance dans vos capacités à inventer votre vie. Réappropriez-vous le jeu, l'humour et la sexualité. C'est ce que vous pouvez faire de mieux pour être heureux en amour." Dont acte. La miss Albertine égratigne au passage les gens de la télévision, Mars et Vénus et nous offre en prime une jeu de rôle inédit : rencontre d'un soir. Tout un programme... De quoi donner des envies à ceux qui ne connaitraient pas encore ses 36 jeux drôles pour pimenter votre vie amoureuse.

Résoudre les conflits sans (trop de) violence, c'est possible


Qui que nous soyons, quel que soit notre milieu social ou professionnel, nous sommes tous, tous les jours, confrontés à des conflits de toute nature. Cela n’est pas en soi une surprise : le conflit c’est la vie ! Une existence sans conflit n’a d’ailleurs pas de sens puisque c’est à travers le conflit que se construisent les changements, les apprentissages, nos relations avec les autres.
Mais, face au conflit, notre difficulté majeure vient du fait que les solutions que nous mettons en œuvre sont, la plupart du temps, plus lourdes de conséquences que le conflit lui-même. Voilà ce qui provoque de nombreuses violences relationnelles, physiques ou psychologiques dirigées contre nous-même ou contre les autres. Pourquoi ? Essentiellement parce que nous réagissons au conflit comme le taureau dans l’arène : devant la muleta qui s’agite devant nous, nous nous laissons piloter par nos automatismes comportementaux et nos débordements émotionnels.
« L’erreur du taureau, c’est de croire au signal » disait Montherlant. Et bien sachez qu’il nous arrive de réagir, nous aussi, à des signaux auxquels nous répondons de façon archaïque. Nous qui avons développé des capacités mentales qui nous ont permis de devenir l’espèce dominante, nous restons équipés d’un matériel cérébral hérité, pour partie, de la préhistoire de l’humanité. Et celui-ci se révèle insuffisant dans de nombreuses situations.
C’est ainsi que face à un conflit, nous utilisons les réactions automatiques primitives de notre cerveau reptilien parce qu’elles présentent l’avantage d’être rassurantes, économiques, rapides et standardisées. Mais il y a un revers à cette médaille : ces façons de traiter le désaccord ne font souvent qu’envenimer les choses. Les autres sont alors perçus comme des dangers potentiels, des ennemis qui nous menacent ; la relation avec eux se dégrade et la violence s’installe.
Mais nous ne sommes plus au temps des tyrannosaures et ce mécanisme n’est pas une fatalité. Dans mon dernier ouvrage paru aux éditions Eyrolles, je vous accompagne à l'aide de 50 exercices dans une approche des conflits qui rompt avec les représentations habituelles.

1 juillet 2009

Les pervers narcissiques sont parmi nous

En 1986, le psychanalyste Paul-Claude Racamier invente le concept (fumeux et très francophone) de « pervers narcissique ». Mais ce sont véritablement les ouvrages de Marie-France Hirigoyen et d’Alberto Eiguer qui portent la stigmatisation du pervers narcissique au pinacle du haïssable (et au sommet des ventes en librairie). Flairant peut-être le filon, une kyrielle d’auteurs leur emboîte le pas : sus au pervers, à bas les prédateurs, résistons à l’emprise ! Depuis, je suis stupéfait par le nombre de femmes de mon entourage qui sont victimes d’un pervers narcissique. Oui parce que, sans aucun sexisme, vous remarquerez que les pervers narcissiques sont rarement des femmes. Elles en sont les victimes. C’est comme ça ! Tout problème de couple, toute mésentente conjugale, toute panne relationnelle, toute fin amoureuse trouve son explication dans cette analyse sans appel : monsieur est un pervers narcissique. Ah bon, alors dans ce cas, nous ne pouvons que nous incliner…

D’où provient ce diagnostic ? Soit d’une lecture attentive des ouvrages de développement personnel sur ce thème et conséquemment d’une auto-analyse, soit de la consultation d’un psy. Ni vous ni moi n’y pouvons rien, nombre de psys voient des pervers narcissiques partout. C’est leur dada du moment !

Mais qu’est-ce qu’un pervers narcissique ?

Le pervers narcissique –nous dit Racamier- se caractérise par « la capacité et le plaisir de se mettre à l'abri des conflits internes et en particulier du deuil, en se faisant valoir au détriment d'un objet manipulé comme un ustensile ou un faire-valoir. » Pour simplifier, il s’agit d’une personne qui a un besoin constant d’être admirée et reconnue (personnalité narcissique), besoin qu’il cumule avec le fait de s’imposer en manipulant les autres afin de satisfaire en priorité ses propres désirs (perversion).

Regardez-moi dans les yeux...

Ne vous sentez-vous pas un brin narcissique ? Ne seriez-vous pas un poil pervers ? Ne vous arrive-t-il jamais de manipuler les autres ? Bien sûr que si. Mais, nous dit M.F. Hirigoyen, « le processus pervers ne devient destructeur que par la fréquence et la répétition. » Alors que faire si vous êtes victime d’un(e) pervers(e) narcissique ? Permettez-moi d’être un peu cru : arrêtez de pleurer sur votre sort, cessez de jouer la victime, ne prenez pas sur vous, ne rêvez pas d’une relation idéale, reprenez votre autorité naturelle, cessez toute prétention à changer les autres et lisez par exemple Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés.

Je profite de ce billet pour vous recommander les travaux de Pierre Raynaud qui tient une veille sur le thème de la manipulation à cette adresse.


21 juin 2009

Comment maîtriser l'art de la manipulation...

Dans quelques jours paraîtra mon nouvel ouvrage : 50 Exercices pour Maîtriser l'Art de la Manipulation (aux éditions d'Organisation). Mes amis s'interrogent... Pourquoi publier un tel titre ? N'avons-nous pas dans notre entourage un nombre suffisant de « manipulateurs » pour qu'il soit pertinent d'en rajouter ? Pensé-je aux victimes, à ceux qui souffrent des malversations de ces individus ? Et pourquoi mettre entre les mains de tout un chacun les outils et techniques du conditionnement et de l'influence automatique ?

Je comprends leur inquiétude mais ne la partage pas. Et je veux les rassurer sur mes intentions : il n’y a aucun cynisme dans mon projet, juste une immense lassitude des litanies moralistes et des injonctions paradoxales. En effet, si la manipulation représente une dimension tellement dégradante de l’activité humaine, pourquoi la retrouvons-nous à peu près partout : au travail, dans les relations sociales et familiales, dans la vie de couple, les médias, la vente, le marketing, la publicité, le management, les finances, la politique ???

Voilà la réalité : tout le monde manipule tout le temps tout le monde… ou presque. Et tant pis pour ceux qui ignorent tout de ces pratiques : au final, ce sont eux qui paieront l’addition ! Mon intention première est donc de changer la donne : puisque la manipulation semble faire partie de la vie moderne, pourquoi la réserver à un public d’initiés ? Pourquoi ne pas la mettre entre toutes les mains ?

Il existe - je dois le reconnaître - des manipulateurs hautement toxiques que la littérature francophone a conceptualisés sous le terme de pervers narcissiques. Notamment à travers l’ouvrage de Marie-France Hirigoyen : Le Harcèlement moral, la violence perverse au quotidien. Mais ils représentent une part infime de la population.
Quant aux manipulateurs qui ne sont ni psychopathes, ni pervers, et dont vous faites sans doute -à votre corps défendant- partie, ils sont tous mis dans le même panier ! La littérature bien pensante du développement personnel les fustige gaillardement et des auteurs comme Isabelle Nazare-Aga (mais elle n'est pas la seule !) ont orchestré une belle manipulation éditoriale en les caractérisant et en posant comme préalable que le manipulateur, c'est toujours l'autre. Pas celui qui est en train de lire le livre, naturellement !

Beaux exemples de triangles dramatiques que ces titres dans lesquels le lecteur endosse le rôle de la victime, l'auteur celui du sauveur tandis que les persécuteurs représentent, à peu de choses près, le restant de l'humanité. Où cela nous mène-t-il ? A une défiance quasi généralisée de l'autre, toujours suspect, toujours double, ambigu, obscur, malveillant. L’avez-vous remarqué ? Le manipulateur, c'est toujours l'autre ! Il n'est pas étonnant, avec de telles postures, que nous vivions la plupart de nos relations aux autres de façon névrotique. Mais ce n’est pas tout…

Ma deuxième intention en écrivant ces exercices est de dédramatiser la manipulation qui fait partie des modalités d’échange entre les individus et qui est, dans bien, des cas préférable à la violence physique, à la menace ou aux pressions psychologiques. Bien entendu, je parle des manipulations qui fonctionnent, celles qui passent inaperçues et ne causent aucun dégât.Pour moi, le mauvais manipulateur, c'est celui que l'on découvre, celui qui s'y prend mal, celui qui met en danger la relation.

Quand il oppose dans Convaincre sans manipuler, manipulation et argumentation, ou -si l’on préfère- démagogie et honnêteté, ruse et éthique et plus largement communication et information, Philippe Breton opère une opposition binaire qui ne m’apparaît guère plus convaincante. Parce que l’on peut aussi manipuler les gens pour leur bien, en respectant un cadre éthique, parce que l’on peut aussi utiliser la rhétorique pour servir des intérêts personnels, parce que dans le domaine des relations humaines les dichotomies sont rarement clarifiantes.

Et si nous acceptions de manipuler les autres et d’être manipulés par eux sans faire de cette pratique un drame, mais un jeu relationnel ? La manipulation répond à des règles et fait appel à des stratégies. Comme tous les jeux, elle doit être interrompue quand elle cesse d’être drôle, quand elle fait mal ou qu’elle devient morbide. Mais par pitié, cessons de rêver à un monde relationnel parfait mais inhumain et apprenons à devenir des manipulateurs raisonnables et empreints d’humanité.

27 février 2008

Couples : faut-il à tout prix éviter les conflits ?

Nous avons souvent une vision négative des conflits et nous entretenons la croyance selon laquelle un couple qui fonctionne bien est un couple qui ne connaît pas de conflit.
Pourtant, un certain nombre de conflits peuvent devenir sources de richesse pour le couple. Quelles sont les causes les plus fréquentes de conflit dans le couple ? Comment différencier les conflits stériles et les conflits créateurs ? Comment apprendre à surmonter les crises et les désaccords qui sont le lot de chaque couple ? Et que faire pour éviter que les conflits conjugaux ne se transforment en escalade de violence ?
Si vous souhaitez organiser une conférence ce thème dans votre ville écrivez-moi : carrech@orange.fr .

16 janvier 2008

Trouver l’âme sœur sur internet, c’est facile !

C’est bien connu, dans son délire spéculaire, tout le monde cherche sa moitié, son double, l’autre moitié de son orange, celui ou celle qui va faire que l’on se sent unique, entier, plein de ce concept sirupeux que l’on nomme bonheur. Ah que la vie serait belle si quelqu’un ou quelqu’une pouvait nous servir de béquille pour nous permettre d’avoir la vie dont on rêve. Un autre qui nous rendre présent au monde. « Je suis sale sans toi, je suis laid sans toi, je suis comme un orphelin… » Un homme ou une femme qui partage les mêmes valeurs, les mêmes idées, les mêmes goûts que moi. Quête imbécile et narcissique qui enfante des couples morts avant d’être nés, des couples incapables d’affronter leurs différences, mais des couples quand même… Un certain nombre de sites de rencontres sur internet ont flairé le filon et nous refont le coup de l’âme sœur, « mythe stupide et vénéneux créé spécialement pour chacun de nous et qu’il suffit de rencontrer pour réaliser sur terre le paradis de l’amour. » Lamartine, à qui on ne la fait pas, connaissait déjà la musique. Quel est le principe ? Un questionnaire très complet que vous remplissez en ligne et dans lequel vous vous mettez à nu : âge, taille, poids, couleur des yeux, des cheveux, loisirs, sports, sexualité, etc. C’est du lourd ! A l’issue de cette enquête anthropométrique détaillée (n’oubliez pas les photos, de préférence floues si apollon a pris ses congés le jour de votre naissance), un petit cyber-personnage va se mettre en quête de trouver LA bonne personne. Votre âme sœur. Votre ange gardien. Celui ou Celle dont vous rêvez depuis toujours. Comment ? C’est le logiciel qui se triture pour vous dénicher l’oiseau rare, l’être unique sans qui toutes les peaux de banane seront pour vous et vous voudriez passer à côté d’une telle chance ? Pour faire l’économie de quelques dizaines ou centaines d’euros ? Franchement, vous ne méritez pas que l’on vous aime. Allez pleurer ailleurs.

15 janvier 2008

Horreur : le travail est partout !

Le travail est partout. Il se glisse dans nos neurones, investit nos histoires personnelles et nos chambres à coucher. Impossible de décrocher. Votre père vient de décéder, vous allez devoir faire un travail de deuil. Vous tombez en dépression, cette fois, c’est un travail sur vous-même vous allez devoir accomplir. Votre cousin ne veut pas changer ses dates de vacances pour vous permettre de passer huit jours en famille, il va falloir le travailler au corps. Si votre couple éprouve des difficultés, c’est normal, une relation, ça se construit. C’est du travail… Et n’oubliez pas, en fin de semaine, de faire un peu d’exercice pour faire travailler vos muscles. En plus du travail… au travail, il faut maintenant avaler le travail à la sauce « psy », « coach » et autres dragons de même farine… Travailler sur soi, sur sa relation, sur son rapport au monde, sur son rapport au temps. Vous n’en avez pas assez, vous, de travailler ? Moi, je n’en peux plus de ces impératifs industriels, de cette éthique du travail omniprésente, de ces injonctions sociales, de ces pressions mortifères, de cette discipline sournoise. STOP. Je regarde l’étymologie du mot travail et je lis qu’il est issu d’un savant mélange entre l’ancien français : « tourment, souffrance » et le latin tripalium « instrument de torture à trois poutres ». Tout un programme…
Chers tous, finissons-en avec les vieilles croyances rédemptrices sur le travail et la douleur. Je vous invite à résister au grand lavage de cerveau que nous infligent les apologues du travail tous azimuts et à redécouvrir la lenteur, la paresse, l’oisiveté, la contemplation, le sens du jeu et de la vie.